L’intertextualité lyrique
Recyclages littéraires et
cinématographiques opérés par la chanson
Appel à contributions pour un
ouvrage papier collectif ayant déjà un éditeur
Apparu pour la première fois dans un article
de Julia Kristeva paru en avril 1967 dans la revue Critique, le concept d’intertextualité a fait l’objet de nombreuses
discussions. Ainsi Roland Barthes, Antoine Compagnon, Michael Riffaterre,
Gérard Genette, Laurent Jenny et Michel Schneider, entre autres, ont écrit
d’importants textes pour tenter de définir ce à quoi renvoie ce complexe
concept.
En 2000, Stéphane Malfettes publiait aux
éditions Mélanie Séteun/Irma : Les
mots distordus. Ce que les musiques actuelles font de la littérature. Dans
son essai, Stéphane Malfettes s’est intéressé tout particulièrement aux groupes
Complot Bronswick, The Disposable Heroes Of Hiphoprisy et Einstürrzende
Neubaten qui se sont approprié des « textes du panthéon littéraire » écrits par
Vladimir Maïakovski, Heiner Müller et William Seward Burroughs.
Stéphane Malfettes reprend le terme «
déterritorialisation » des textes pour qualifier ce que ces adaptations en
chansons entraînent. Mais ce que Stéphane Malfettes appelle « distorsion » des
mots, ne serait-ce pas en fait une forme d’intertextualité que nous pourrions,
de par sa forme chantée, qualifier de lyrique
comme cela avait déjà été fait en anglais (« lyrical
intertextuality ») au sujet du même Heiner Müller dans Heiner Muller : Contexts and History : A Collection of Essays from the Sydney German
Studies Symposium 1994 (Tübingen : Stauffenburg, 1995).
Nous proposons donc d’utiliser son pendant
français, intertextualité lyrique, pour désigner la présence d’un autre
texte dans certaines paroles de chansons. Nous irons plus loin en parlant d’intertextualité lyrique littéraire lorsqu’il
y existe un lien avec la littérature et d’intertextualité
lyrique cinématographique lorsque c’est le 7e art qui se cache
derrière les mots des artistes.
Dans notre étude sur le groupe de metal Iron Maiden, nous avons pu
identifier plusieurs procédés intertextuels définis par Tiphaine Samoyault et
dont nous proposons l’emploi pour cet ouvrage :
- La citation et
le plagiat : « La citation est la
reproduction d’un énoncé (le texte cité) qui se trouve arraché d’un texte
d’origine (texte 1) pour être introduit dans un texte d’accueil (texte
2). » (Samoyault, 2005, p. 24)
« La citation est immédiatement repérable grâce à l’usage de marques
typographiques spécifiques. Les guillemets, les italiques, l’éventuel
décrochement du texte cité distinguent les fragments empruntés. Si l’une de ces
marques suffit à signaler la citation, l’absence totale de typographie propre
transforme la citation en plagiat, dont la définition minimale pourrait être la
citation sans guillemets, la citation non marquée. » (Samoyault, 2005, p.
34) ;
- La référence : « La référence n’expose pas le texte cité, mais y
renvoie par un titre, un nom d’auteur, de personnage ou l’exposé d’une
situation spécifique. » (Samoyault, 2005, p. 35)
- La parodie : « La parodie transforme une œuvre précédente, soit
pour la caricaturer, soit pour la réutiliser en la transposant. Mais qu’elle
soit transformation ou déformation, elle exhibe toujours un lien direct avec la
littérature existante. Les définitions non spécialisées, les définitions de
dictionnaires qui enregistrent le sens commun en sont dépréciatives, sinon
nettement péjoratives […] Contre le sens commun, les définitions du discours
théorique rendent à la parodie ses traits spécifiques qui n’impliquent pas
nécessairement son caractère mineur, lié à ce mélange de dépendance et
d’indépendance qui fait toute l’ambivalence de la parodie. » (Samoyault, 2005,
p. 38) ;
- Le pastiche : « Le pastiche déforme lui aussi, mais en
imitant l’hypotexte tandis que la parodie le transforme. Il s’agit moins de
renvoyer à un texte précis qu’au style caractéristique de l’auteur, et pour ce
faire, le sujet importe peu. (Samoyault, 2005, p. 39) ;
- L’allusion : « L’allusion dépend plus de l’effet de lecture
que les autres pratiques intertextuelles : tout en pouvant ne pas être lue,
elle peut aussi l’être là où elle n’est pas. La perception de l’allusion est
souvent subjective et son dévoilement rarement nécessaire à la compréhension du
texte. » (Samoyault, 2005, p. 36).
L’objet de ce livre est donc de définir le
concept d’intertextualité lyrique à partir d’étude de cas à deux niveaux :
soit dans une chanson, soit dans un répertoire. Nous nous intéresserons
uniquement aux rapports entre la littérature, le cinéma et la chanson.
Pour éviter les doublons, nous vous invitons
à envoyer une double proposition afin de pouvoir en retenir au moins une en cas
de sélection.
Bibliographie
Pour réaliser ce travail nous vous invitons à
lire au moins un de ces trois ouvrages :
SAMOYAULT, Tiphaine.L’intertextualité. Mémoire de la
littérature. Paris : Armand Colin, 2005.
GIGNOUX, Anne-Claire.Initiation à l’intertextualité. Paris
: Ellipses, 2005.
RABAU, Sophie. L’intertextualité. Paris : GF
Flammarion, 2002.
Nous vous invitons également à prendre
connaissance d’ébauches de définition du concept dans :
PETESCH, Jean-Philippe. Morceaux
d’esprits. Thèmes et origines des
chansons de la Vierge de Fer. Rosières en Haye : Camion Blanc, 2009.
PETESCH, Jean-Philippe. Production
d’un discours. Invention d’un public. Le cas d’un groupe de heavy metal de
l’East-End de Londres de 1976 à nos jours. Thèse de doctorat. Paris :
Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3, 2009. (Toutes les pages concernant
l’intertextualité ont été regroupées dans un fichier PDF disponible à cette
adresse : http://www.ironthesis.org/intertextuality/Intertextualite_these_petesch.pdf)
Longueurs
des contributions
Pour cet ouvrage nous attendons deux types de
contributions :
- Analyses
de l’intertextualité lyrique au niveau d’une chanson (≈10.000
signes) : il s’agira d’une
analyse détaillée du ou des procédés intertextuels présents dans une seule et
même chanson ; les auteurs veilleront à expliquer ce qui à amener les
paroliers à de telles pratiques.
- Pratiques
intertextuelles au niveau du répertoire d’artistes : (≈35.000
signes) : dans ce
deuxième type de contribution, l’accent sera mis sur la présence de plusieurs
textes dans le répertoire d’un artiste (solo ou groupe) faisant appel à des
procédés intertextuels.
Chansons
et artistes proposés (liste non exhaustive) :
- Renaud :
« Ma chanson leur a pas plus » ;
- Ridan :
« Ulysse » ;
- Trust :
« L’instinct de mort » ;
- Kate
Bush : « Wuthering Heights » ;
- The Cure : « Killing
an Arab » ;
- Metallica :
« For Whom the Bell Tolls » ;
- WASP :
« Murders in the Rue Morgue » ;
- Megadeth
« Of Mice and Men » ;
- Le
répertoire de Metallica ;
- Le
répertoire de Serge Gainsbourg ;
- Etc.
Calendrier
Date limite de réception des doubles
propositions : 15 mai 2010 (Environ
150 mots pour une chanson et 300 mots pour un artiste).
Rendu des décisions : 23 mai 2010.
Date limite de réception des
contributions : 30 juin 2010.
Renvoi éventuel pour corrections : avant
le 15 juillet 2010.
Date limite de réception des
corrections : 15 août 2010.
Publication de l’ouvrage : deuxième quinzaine d'octobre 2010
Format des contributions.
- Une page de titre
avec le titre complet (maximum 90 caractères), les noms et affiliations des
auteurs.
- Format A5,
marges : 2 cm, police : Arial 10, interligne simple.
- Chaque article
devra être accompagné d’un résumé de 100 à 200 mots maximum et de quelques
mots-clefs (5 maximum). Le résumé devra donner une vue d’ensemble de la
contribution qui doit être intelligible à elle seule.
Références bibliographiques
Pour alléger les
notes de bas de pages, les références bibliographiques seront appelées dans le
texte selon le modèle suivant : (Nom de l’auteur, année de publication : numéro
de page).
La liste complète
des œuvres et travaux cités sera reproduite à la fin de la contribution.
Lorsque qu’il y a deux travaux d’un même chercheur publiés la même année, vous
adopterez le système suivant (Petit, 2009a : 178), (Petit, 2009b : 328). Pour
les travaux de plusieurs auteurs, vous citerez ainsi : (Petit et al., 1999).
Références types
pour la bibliographie :
SAMOYAULT, Tiphaine. L’intertextualité.
Mémoire de la littérature. Paris : Armand Colin, 2005.
BÉNARD,
Nicolas. De la légende viking au Hard Rock : les références culturelles
du Métal nordique, in Nordiques N°5, 2004, pp. 55-68.
GIGNOUX,
Anne-Claire « De l'intertextualité à l'écriture », Cahiers de Narratologie N°13, mis
en ligne le 1 septembre 2006, disponible
@ <http://revel.unice.fr/cnarra/document.html?id=329>, consulté le 22 juin 2009.
Copyrights
La loi française n’autorise que la
reproduction d’extraits de chansons :
Art. L. 122-5. Lorsque l'oeuvre a
été divulguée, l'auteur ne peut interdire :
1° Les représentations privées et gratuites
effectuées exclusivement dans un cercle de famille ;
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a été créée et des copies d'un logiciel autres que la copie de sauvegarde établie dans les conditions prévues au II de
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clairement le nom de l'auteur et la source :
a) Les analyses et courtes citations justifiées par le caractère critique,
polémique, pédagogique, scientifique ou d'information de l'oeuvre à laquelle
elles sont incorporées ;
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c) La diffusion, même intégrale, par la voie
de presse ou de télédiffusion, à titre d'information d'actualité, des discours
destinés au public prononcés dans les assemblées politiques, administratives,
judiciaires ou académiques, ainsi que dans les réunions publiques d'ordre
politique et les cérémonies officielles ;
d) Les reproductions, intégrales ou
partielles d'oeuvres d'art graphiques ou plastiques destinées à figurer dans le
catalogue d'une vente judiciaire effectuée en France pour les exemplaires mis à
la disposition du public avant la vente dans le seul but de décrire les oeuvres
d'art mises en vente.
[...]
Pour tout texte intégral, vous veillerez à
demander à l’éditeur musical une
autorisation écrite de reproduire les paroles dans le cadre de cet
ouvrage. Généralement, cela s’obtient facilement.
Directeur
de publication
Jean-Philippe
PETESCH, docteur ès sciences
et esthétiques de l’art de l’Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3.
ironthesis[arobase]yahoo.fr
jean-philippe[arobase]ironthesis.org
Si vous ne recevez pas d’accusé de réception
dans les 48 heures après votre envoi, cela voudra dire que nous n’aurons pas
reçu votre proposition ; elle se sera perdue dans le cyber espace. Il
faudra donc nous la renvoyer.